Le port de Douarnenez se voile de brume au petit jour, comme autant de voiles que les partenaires étrangers déplient moins volontiers en Bretagne. Bretagne Commerce International alerte sur un frein économique inédit : les investissements étrangers vers la région marinent en eaux calmes.
Selon le baromètre 2025 de BCI, le nombre de projets d’implantation internationale en Bretagne a chuté de 47 % par rapport à l’année précédente. Cette érosion marque un tournant dans le développement économique régional, alors que 86 % des entreprises bretonnes pointent des blocages à l’export.
L’article en bref
Face à un net ralentissement des flux d’investissements, la Bretagne entend conjuguer résilience culturelle et innovation pour préserver son attractivité.
- Investissements étrangers en baisse : recul de 47 % des projets en 2025
- Obstacles majeurs : instabilité géopolitique et coûts logistiques croissants
- Soutien renforcé : 9 000 accompagnements réalisés par BCI en 2024
- Plans de relance : partenariats PME-pôles pour stimuler la croissance économique
Comprendre ces dynamiques pour préparer l’économie locale aux défis de 2027.
Frein économique sur les flux d’investissements étrangers en Bretagne
En 2025, la Bretagne a vu ses ambitions internationales tempérer sous l’effet d’une conjoncture tendue. Les restrictions commerciales, liées à des tensions transatlantiques, viennent s’ajouter à des exigences réglementaires de plus en plus strictes.
Comme l’illustre le cas d’Armor Bois, PME morbihannaise spécialisée dans le bois lamellé-collé, chaque dossier d’expansion vers le Canada ou les États-Unis se heurte désormais à des délais douaniers alourdis et à des frais de transport multipliés par deux. L’essor du Green Deal européen renchérit aussi les coûts de certification, freinant tout projet de déploiement outre-Atlantique.

Contexte géopolitique et attractivité régionale en recul
L’invasion sanctionnée d’un ancien producteur de faïence quimpéroise par des droits de douane renchéris a cristallisé l’inquiétude. Le récent coup de frein à la mondialisation redessine les cartes de l’attractivité régionale, où chaque euro capté à l’international devient plus précieux.
Les exportateurs bretons, souvent des PME familiales, soulignent la difficulté à identifier des partenaires fiables et à naviguer entre les normes variées. Un artisan verrier de Quimper évoque la contrainte de devoir obtenir simultanément cinq certifications pour vendre aux États-Unis et en Chine, un parcours du combattant.
Cette atmosphère de méfiance souligne la nécessité de repenser la stratégie d’accueil et de soutenir les entreprises dans un environnement où la diplomatie économique pèse désormais autant que la qualité du produit. Un défi à la fois culturel et financier.
Stratégie économique de relance du commerce international breton
Pour inverser la tendance, BCI mise sur une double approche : renforcer l’accompagnement et valoriser l’originalité bretonne. L’objectif ? Réconcilier souveraineté régionale et ouverture vers de nouveaux marchés.
- Création de guichets spécialisés pour guider les PME dans les démarches réglementaires internationales.
- Clusters thématiques réunissant artisans, start-ups et laboratoires pour développer des solutions durables.
- Programmes d’immersion à l’étranger pour tisser des réseaux de confiance avant tout investissement.
- Veille stratégique sur les évolutions tarifaires et douanières via un portail numérique dédié.
Ces actions, combinées à une communication ciblée sur la singularité culturelle bretonne, visent à restaurer une image d’économie locale innovante et souple. Le pari est de transformer le ralentissement actuel en opportunité de montée en gamme.
Croissance économique locale par l’innovation partenariale
Au cœur des projets, un atelier à Rennes a récemment réuni producteurs de lait bio, ingénieurs en micro-technologie et représentants de Diwan pour imaginer des emballages écoresponsables destinés au Japon. Cette alliance inédite incarne la nouvelle stratégie économique bretonne : marier savoir-faire ancestral et expertise high-tech.
Le retour d’expérience de ces pionniers devrait inspirer d’autres filières, comme la conchyliculture de la Baie du Mont-Saint-Michel ou la construction navale à Lorient. En misant sur la co-innovation, la Bretagne diversifie ses relais de croissance et se protège mieux des aléas extérieurs.
Investir dans cette dynamique partenariale, c’est jeter les bases d’une croissance économique plus résiliente et d’une attractivité retrouvée.
Source: agence-api.ouest-france.fr








