La Bretagne, malgré un recul notable de l’usage du fioul pour le chauffage, conserve un taux d’utilisation supérieur à la moyenne nationale. Cette particularité reflète à la fois l’attachement aux maisons anciennes en granit et les défis de la transition énergétique dans les territoires ruraux.
L’article en bref
Un état des lieux contrasté où la Bretagne diminue sa dépendance au fioul tout en préservant un chauffage traditionnel bien ancré.
- Diminution continue du fioul : presque divisée par deux depuis 2006 en Bretagne.
- Taux breton supérieur : 11,5 % des foyers chauffés au fioul contre 8,5 % en France.
- Profils ruraux prédominants : maisons d’avant 1970 concentrées au centre-Bretagne.
- Alternatives en plein essor : bois, pompes à chaleur et géothermie ont doublé leur part.
Un regard sur l’avenir énergétique de la Bretagne, entre tradition et innovation.
Le recul du fioul comme mode de chauffage en Bretagne
Depuis 2006, la part des logements chauffés au fioul en Bretagne est passée de 325 000 à 184 600 en 2022. Cette diminution s’explique d’abord par l’interdiction des nouvelles chaudières fioul depuis 2022 et par l’application de la loi Énergie-Climat de 2019 visant à réduire les énergies fossiles.
Malgré cette évolution, la consommation énergétique reste impactée par le poids des installations existantes. Lorsque l’alerte aux vagues de froid se déclenche, comme lors de la récente alerte grand froid en Bretagne, de nombreux foyers s’appuient encore sur leur ancienne chaudière.

Disparités territoriales et chauffage traditionnel
La Bretagne présente des écarts nets selon les départements. Les Côtes-d’Armor et le Finistère figurent en tête des taux de recours au fioul, tandis que le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine affichent des niveaux deux fois moins élevés.
Ces différences s’expliquent par la densité urbaine et la date de construction des logements. Près de la moitié des habitations chauffées au fioul datent d’avant 1970 et se situent majoritairement dans le Kreiz Breizh, où le patrimoine granitique côtoie de vastes étendues rurales.
Les alternatives renouvelables gagnent du terrain
Face à la hausse des prix du pétrole, les Bretons se tournent vers des énergies moins polluantes. Entre 2010 et 2022, l’usage du bois et des pompes à chaleur a quasiment doublé.
- Pompes à chaleur : extraction de calories de l’air ou du sol, rendement élevé et subventions attractives.
- Géothermie : adaptée aux constructions neuves, elle tire profit du sous-sol breton.
- Bois énergie : tradition vivace, utilisée autrefois pour cuire un far breton moelleux traditionnel ou un pain aux algues breton.
À ces solutions s’ajoutent les panneaux solaires thermiques, de plus en plus performants et compatibles avec la préservation du bâti ancien.
Coûts, aides et freins à la conversion
Le basculement vers un nouveau système représente un investissement conséquent, surtout pour les propriétaires de grandes résidences. Pour une propriété de 90 pièces en centre-Bretagne, changer une vieille chaudière implique plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Cependant, les dispositifs publics (MaPrimeRénov’, certificats d’économie d’énergie) couvrent désormais jusqu’à 75 % des travaux. Ces aides réduisent l’écart financier et encouragent un passage plus rapide à des modes de chauffage performants.
Ce virage vers des systèmes décarbonés s’inscrit dans une stratégie régionale de sobriété, visant à réduire la facture tout en limitant l’empreinte carbone. L’enjeu demeure de concilier le respect du paysage breton et la lutte contre le dérèglement climatique, une équation majeure de la transition énergétique.
Source: actu.fr









