Depuis juin 2025, la Bretagne expérimente un système de consigne sur les emballages en verre dans le cadre du programme ReUse porté par l’économie circulaire. Huit mois plus tard, si les chiffres témoignent d’un progrès certain, le rythme reste bien lent par rapport aux ambitions initiales.
L’article en bref
En dépit d’un bilan positif, la Bretagne peine à atteindre ses objectifs de magasins et de références pour la consigne du verre.
- Bilan actuel limité : 365 magasins engagés contre 750 visés
- Références renforcées : 150 produits consignables aujourd’hui
- Distro au premier plan : 48 producteurs unis pour massifier le réemploi
- Nouvelles perspectives : flacons et bocaux supplémentaires attendus
Un changement d’échelle indispensable pour enrayer la gestion des déchets en Bretagne.
Un déploiement progressif face à des objectifs ambitieux
Le programme ReUse a démarré dans une trentaine de magasins en juin 2025 et s’étend aujourd’hui à 365 points de vente. Pour l’éco-organisme Citeo, cette progression révèle un intérêt certain, mais reste bien en dessous des 750 implantations visées d’ici septembre dernier.
Selon Valentin Fournel, responsable réemploi chez Citeo, « les ventes et les taux de retour augmentent, mais sans atteindre l’intensité espérée ». Le constat soulève une question : quels freins se cachent derrière cette mise en place lente ?
Parmi les obstacles identifiés, figurent la logistique liée à la collecte et au lavage, ainsi que la sensibilisation limitée des consommateurs aux enjeux du recyclage et du développement durable.
Les défis logistiques et pédagogiques
La filière doit affronter des coûts de remise en état des bouteilles consignées, soutenus par Citeo mais jugés trop élevés par certains distributeurs. Sur le terrain, l’installation de bornes et la formation des employés ralentissent l’opération.
En parallèle, l’adhésion des clients dépend de repères clairs : l’étiquette R-Cœur – conçue pour guider vers la réutilisation – représente près des deux tiers des ventes de soupes, jus et bières, sans pour autant assurer un retour massif des emballages.
Chiffrer l’impact environnemental, articuler économie circulaire et rentabilité : un équilibre encore à trouver pour franchir un palier.

Des leviers pour accélérer la consigne en Bretagne
Pour passer à la vitesse supérieure, l’augmentation du nombre de références consignables est cruciale. Outre les formats standards (1 L et 75 cL), de nouveaux flacons d’un litre seront introduits pour les eaux gazeuses et limonades. Bientôt, des pots et bocaux viendront enrichir l’offre.
- Uniformiser les étiquettes hydrosolubles pour simplifier le tri
- Multiplier les points de collecte via les communautés de communes
- Soutenir financièrement les petites brasseries et épiceries locales
- Lancer des campagnes de sensibilisation ciblées en magasin
En parallèle, la coopérative Distro, à Grand-Champ, fédère 48 producteurs autour du même étiquetage. Son objectif : atteindre un million de bouteilles consignées en 2026. Pour alléger la gestion des déchets et encourager le réemploi, elle propose également d’intégrer les points de récupération aux dispositifs de collecte communaux, en s’appuyant sur des infrastructures déjà éprouvées lors des crues.
Il reste à convaincre les collectivités et les consommateurs que ce modèle de développement durable est à la fois responsable et économiquement viable.
Les synergies locales et européennes
La mobilisation pourrait s’étendre grâce aux financements européens dédiés aux projets d’économie circulaire. En s’appuyant sur des alliances comme Distro et en inspirant d’autres initiatives – à l’instar de la mobilisation citoyenne pour la préservation du littoral – la Bretagne pourrait devenir un véritable laboratoire du réemploi.
Le renforcement des partenariats publics-privés, le déploiement de formations aux gestes de tri, et l’ouverture de nouveaux flux logistiques sont autant de leviers à activer pour faire de la Bretagne la région phare de la consigne sur le verre.
Vers une économie circulaire enracinée
La consigne ne se limite pas à un simple retour de bouteilles : elle symbolise une vision globale de la gestion des déchets et de l’environnement. En fédérant producteurs, distributeurs et citoyens, la Bretagne affirme son rôle de pionnière dans la relance de ce mode de consommation.
En fin de compte, la progression, même lente, trace la voie d’un futur où chaque contenant reprend vie, réduisant l’empreinte carbone et renforçant le lien entre communautés. Un vrai signe d’espoir pour le recyclage et le développement durable en territoire breton.
Source: www.letelegramme.fr









