Perché dans une bâtisse de granit face à l’Anse de Pont-Aven, le Musée de Pont-Aven convie le visiteur à une immersion inédite. Autour de plus de 200 œuvres prêtées par le musée d’Orsay et d’artistes contemporains, l’Exposition Sorcellerie invite à réécrire l’image des Sorcières de Bretagne entre 1860 et 1920. Guidé par le fil d’Anaëlle, jeune historienne en herbe, chaque salle révèle un épisode méconnu de la Histoire de Bretagne, de la lande bretonne aux cabinets médicaux de la Salpêtrière.
Plongée dans l’Exposition Sorcellerie au Musée de Pont-Aven
Conçue par Leïla Jarbouai et Sophie Kervran, l’Exposition Sorcellerie bouscule les clichés. Les sorcières, longtemps cantonnées au rôle de figures maléfiques, deviennent ici icônes de savoirs et de liberté.
- La métamorphose opérée par Jules Michelet en 1862.
- Une scénographie mêlant gravures, peintures et objets rituels.
- Plus de 46 prêts d’ensembles venus du musée d’Orsay.
- Une perspective féministe portée par le regard des commissaires.

Cette première immersion renouvelle profondément l’Histoire de Bretagne en montrant combien l’art peut réhabiliter un passé victime de fantasmes.
Œuvres phares et Art Breton revisité
Dans la pénombre de la salle consacrée à l’Art Breton, Anaëlle s’attarde sur les Sorcières de Bretagne peintes par Clémentine Dondey et Yan’ Dargent. Les figures féminines y oscillent entre menace et désir, incarnant le désordre dans le salon bourgeois.
- Devineresse étudiant un livre de nécromancie (1847) – Clémentine Dondey.
- Les Lavandières de la nuit (vers 1861) – Yan’ Dargent.
- La Chasse sauvage (1899) – Franz von Stuck.
- Les Fascinés de la Charité (1890) – Georges Moreau de Tours.
Sensualité et Eros-Thanatos à la croisée des mythes
Le parcours dévoile le passage de la sorcière-tortionnaire des siècles précédents à la séduisante magicienne de fin de siècle. Circé, Salomé et Nana hantent ces toiles, liées par un même élan vers la transgression.
- Association à Circé, figure de la métamorphose.
- Référence à Salomé et à son cortège de désirs mortels.
- Echo des névroses urbaines symbolistes.
- Critique du corps féminin par la médecine aliéniste.
Loin de se cantonner au folklorique, ce segment offre une lecture critique du regard porté sur le corps des femmes au tournant du XXe siècle.
Servitudes et sortilèges : Mythes de Bretagne en écho
Au cœur de l’étage dédié aux Mythes de Bretagne, les lavandières nocturnes croisent les animaux familiers de la sorcière, et chacun raconte une légende séculaire. Le parcours se fait mémoire vivante du Folklore Breton.
- Arbres anthropomorphes inspirant Walt Disney.
- Légende des Lavandières, âmes condamnées aux lavoirs nocturnes.
- Animaux totems : loups, corbeaux, chats noirs, chauves-souris.
- Toponymie locale liée aux sorcières et aux menhirs.
Renouveau du patrimoine immatériel et Traditions Bretonnes
Au-delà des œuvres, l’exposition se prolonge par des veillées, des ateliers scolaires et des conférences autour des Traditions Bretonnes. Le programme de Pont-Aven Culture met en avant la transmission orale et les chants populaires.
- Concerts de gwerz et de kan ha diskan.
- Ateliers de création de talismans en grès fin.
- Veillées contées animées par des anciens du pays.
- Rencontres-débats sur l’univers des korrigans et druides.
Ces initiatives montrent combien le Bretagne Museum peut être un véritable laboratoire de réhabilitation du patrimoine immatériel.
Source: www.connaissancedesarts.com









