Un crépuscule humide enveloppe le terrain du Relecq-Kerhuon : des éducateurs coiffés d’une coupe mulet, un groupe de jeunes joueurs courant sous les projecteurs et le cliquetis des mêlées imaginaires. Il y a quinze ans, ce club breton ne comptait que 25 licenciés, avec des tables de camping sous un parapluie pour enregistrer les inscriptions. Aujourd’hui, ils sont 356, répartis sur deux terrains, un club-house accueillant et un local bien achalandé.
Cette trajectoire reflète la dynamique du rugby en Bretagne, où le nombre de licenciés a été multiplié par 2,4 entre 2006-07 et 2024-25. Plus encore, la saison en cours marque la cinquième année consécutive de croissance, avec une hausse de 3,3 % à la mi-novembre.
L’article en bref
Retour sur les leviers d’un essor hors norme qui a fait passer la Bretagne d’une poignée de clubs à une véritable terre ovale.
- Multiplication des licences : ×2,4 en 18 ans et +3,3 % sur la saison 2024-25
- Réseau structuré : 60 clubs animés par des bénévoles formés et engagés
- Pratiques diversifiées : rugby à toucher et rugby à 10 pour séduire les familles
- Ambition 2030 : cap sur 15 000 joueuses et joueurs en Bretagne
Un mouvement collectif, ancré dans la culture bretonne, pousse le rugby vers de nouveaux sommets.
Une croissance exceptionnelle des licenciés en Bretagne
Le graphique de la Ligue de Bretagne dessine une pente continue : entre chaque Coupe du monde, on constate en moyenne une petite vague, mais depuis 2020-21, elle prend de l’ampleur sans relâche. À mi-novembre 2025, la Ligue recense 14 025 licenciés, soit une progression inédite dans un contexte post-pandémie.
- Chiffre d’hier : 5 860 licenciés en 2006-07
- Saut qualitatif : +14 % de joueuses en un an
- Équilibre : 48 % de femmes, 52 % d’hommes
- Objectif : atteindre 15 000 licences d’ici 2030
Ce bilan traduit une fidélisation accrue et un engouement partagé par les supporters, les familles et les collectivités. La Bretagne surfe sur une vague ovale que peu d’autres régions connaissent, et la trajectoire dessine déjà l’avenir.

Les piliers du développement : clubs, bénévoles et infrastructures
Dans les années 1970-80, quatre ou cinq clubs seulement existaient en Bretagne. Aujourd’hui, on en compte plus de soixante, répartis le long de la côte et de l’intérieur des terres. Cette densification a permis de réduire les déplacements et de renforcer le sentiment d’appartenance au club.
- Formation des éducateurs : multiplication par quatre de l’équipe de la Ligue en dix ans
- Installation de club-houses conviviaux pour rassembler équipes et familles
- Modernisation des terrains et vestiaires pour offrir un cadre professionnel
- Création de partenariats avec les écoles pour intégrer le rugby dès le plus jeune âge
Au Relecq-Kerhuon, Olivier Bénard vante la progression pas à pas : un bungalow réaménagé en salle de réunion, une boutique vendant les couleurs du club, et surtout des parents de plus en plus investis. Cette force collective est le socle de toute croissance durable.
Passion ovale et nouvelles pratiques comme accélérateurs
Pour séduire un public varié, chaque club mise désormais sur la diversité des approches. Le rugby à toucher et le rugby à 10 se développent, rassurant les parents inquiets par les risques de commotions.
- Introduction progressive des placages sous haute surveillance
- Mini-tournois de rugby à toucher en milieu scolaire
- Sessions découverte pour les jeunes filles afin de favoriser la mixité
- Organisation d’événements festifs mêlant musique celtique et démonstrations sportives
Le rugby en Bretagne ne se contente pas de croître en nombre : il cultive l’esprit d’équipe et la passion, attisés par des racines celtiques profondément ancrées. Le prochain défi est déjà en ligne de mire : franchir la barre des 15 000 licenciés d’ici 2030.
Source: www.letelegramme.fr









