La Bretagne, souvent vantée pour ses sols fertiles et ses paysages humides, se heurte aujourd’hui à un défi inédit : la sécheresse récurrente. En 2025, entre les épisodes de canicule de juin et juillet, les maraîchers bio doivent réinventer leurs pratiques pour préserver tant la qualité de leurs produits que la santé du sol. Entre témoignages de terrain et initiatives collectives, un vent nouveau souffle sur la filière biologique bretonne, où Terres de Bretagne et Bretagne Bio jouent un rôle central. Face à l’aridité, l’entraide des réseaux comme Agribio 35 ou Fermiers Bio de Bretagne apporte une bouffée d’espoir, tandis que des ateliers organisés par Bretagne Nature et l’Alliance Bretagne Écologique proposent des solutions concrètes.
Pression hydrique et sols fragilisés : sécheresse et agriculture bio en Bretagne
Au lieu-dit Le Haut-Coueslan, Sophie Volard, maraîchère bio depuis 2020, observe ses parcelles asséchées. Sous serre, le mercure dépasse fréquemment les 40 °C dès le matin, contraignant à une gestion minutieuse de l’arrosage. Hors serres, la terre craquelle, et les jeunes plants luttent pour survivre.
- Montée prématurée à graines des salades et radis, provoquant un effondrement de la qualité.
- Brûlure des fleurs de haricots verts, entraînant une chute dramatique du rendement.
- Tensions sur les ressources en eau : puits asséchés et pompages limités pour éviter l’épuisement des nappes.
- Fragilité des sols qui perdent leur humus et voient se développer plus facilement ravageurs et maladies.

Le témoignage de Sophie Volard à Gomené
Installée près de Loudéac, la paysanne décrit une organisation du travail bouleversée. Pour éviter les pics de chaleur, l’équipe débute les récoltes avant l’aube et termine après le coucher du soleil. Chaque jour devient un casse-tête entre planification et improvisation.
- Gestion nocturne des semis et récoltes pour limiter le stress thermique.
- Anticipation stricte d’un calendrier végétal habituellement immuable.
- Surveillance accrue des ravageurs, dont l’activité se déplace vers le nord avec le réchauffement.
- Économie d’eau et rotation des cultures pour maintenir la fertilité du sol.
Réseaux et solutions pour soutenir la filière bio bretonne
Les acteurs régionaux renforcent la solidarité grâce à des échanges de bonnes pratiques. Bretagne Bio, Agriculture Durable Bretagne et Agribio 35 se coordonnent pour proposer formations et retours d’expérience. Le Groupement d’Agriculture Biologique, soutenu par l’Alliance Bretagne Écologique, facilite l’accès à des outils d’irrigation adaptés.
- Plateformes d’entraide comme Colibio, relayée par les initiatives de l’Institut Culturel de Bretagne.
- Conseils techniques dispensés lors de webinaires et ateliers.
- Événements locaux pour présenter des prototypes d’irrigation à moindre impact.
- Communautés en ligne où les Fermiers Bio de Bretagne partagent leurs succès et échecs.
Initiatives locales et ateliers de partage
Des rencontres régulières permettent de tester des solutions naturelles : paillage épais, récupération des eaux de pluie, variétés résistantes. Bretagne Nature organise à chaque rentrée des veillées autour des traditions paysannes, tandis que Bio Bretagne invite à découvrir la transition agroécologique.
- Visites de fermes pilotes équipées de cisternes et toits récupérateurs.
- Ateliers pratiques sur la mulching et la composition de compost.
- Sessions d’échange de semences adaptées aux épisodes de sécheresse.
- Conférences sur l’agroforesterie et la préservation de la biodiversité.
Pour prolonger l’exploration du patrimoine local et comprendre les racines de ces pratiques, rendez-vous sur les activités proposées à Châteaugiron.
Perspectives pour CULTIVER en Bretagne face aux aléas climatiques
La conjugaison d’innovations et de traditions ouvre la voie à une nouvelle ère de l’agriculture biologique. Les pistes sont nombreuses, entre agroécologie et solutions low tech. Les professionnels misent sur des réseaux tissés grâce à Terres de Bretagne et l’Alliance Bretagne Écologique pour maintenir le cap.
- Adoption de techniques d’irrigation régénérative, associant stockage et libération lente de l’eau.
- Multiplication des tests de variétés locales résistantes à la chaleur.
- Mise en place de couvertures végétales pour limiter l’évaporation du sol.
- Renforcement de l’accompagnement collectif par les réseaux d’experts et d’agriculteurs.
En conjuguant tradition et innovation, la Bretagne bio démontre qu’il est possible de rendre sa terre plus résiliente, même sous un soleil implacable.
Agribio 35 | Bretagne Bio | Alliance Bretagne Écologique
Source: actu.fr









