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Breudoù sevenadurel Breizh

Assises culturelles bretonnes

6 - 7 mae/mai 2006

 

La Bretagne existe : produit de l’histoire, de la géographie et de la créativité de ses habitants, elle s’exprime à travers une culture originale reconnue par l’Etat, la Région et les cinq départements bretons en 1977 dans la Charte culturelle de Bretagne.
Elle se distingue aussi par la vigueur de son tissu associatif, notamment dans les domaines de la culture, de l’environnement, de l’action humanitaire économique et sociale ou bien encore des échanges internationaux. Les Assises de 1997 (qui avaient débouchées sur la publication d'un livre blanc "Une culture bretonne pour le XXIe siècle" avaient déjà établi la liste des réussites, des réalisations et aussi des souhaits du mouvement culturel : que reste-t-il aujourd'hui à accomplir ? N'y a-t-il pas eu régression dans de nombreux domaines ? Comment surmonter les blocages ?

La Bretagne souffre.


Elle pâtit lourdement d’un modèle imposé prétendument fondé sur un “pacte social auquel chacun adhère librement“ mais qui prescrit en réalité à chacun l’identité, l’histoire et les mythes conçus par une élite nationale restreinte, autoproclamée “républicaine“.
Elle souffre de l’impossibilité d’enseigner son histoire et sa culture, de prendre en charge réellement l’avenir de ses langues spécifiques, breton et gallo, de disposer de radios et télévisions propres comme les autres régions européennes semblables, du maintien de la séparation de la Loire-Atlantique depuis le régime de Vichy, autant d'interdits révélateurs d'un véritable et cruel manque de démocratie.
Endurant gravement ce qu'endurent d'autres dans des contextes qui traduisent aussi les limites du modèle évoqué, elle perdure néanmoins dans le maintien de conduites sociétales fondées sur le respect, la solidarité et la reconnaissance de la personnalité et de la dignité de chaque être humain.


Le modèle pyramidal et archaïque d’Etat-nation s'inscrit bien aujourd'hui plus que jamais à contre-courant des modèles démocratiques européens, du principe juste et efficace de subsidiarité et de la volonté de construire une communauté européenne solidaire, respectueuse dans les faits comme dans les principes du droit à la diversité et des autonomies locales et régionales, outils précieux de l'intelligence et de l'initiative féconde des citoyens.


En comparaison des autres communautés régionales d’Europe, comme le Pays de Galles, l’Ecosse, la Catalogne, le Pays Basque, la Galice, les régions d’Italie, ou les länder d’Allemagne, la Bretagne (à l'instar des autres régions françaises) accuse malgré son excellence intellectuelle, culturelle et économique, un déficit considérable en termes de capacité légale et budgétaire d’intervention, de liberté d’expression de son identité et aussi de présence dans les principaux média : cela se traduit notamment par une carence en emplois de niveau décisionnel, par l'exode des talents et par un taux record des conduites autodestructrices dans la jeunesse.


Alors même que la peur de la mondialisation et une certaine perte de repères nourrissent çà et là (parfois même sous de faux nez) les crispations de nationalismes chauvins, nous appelons au contraire au cours de ces Assises de la culture bretonne à réfléchir à l'élaboration d'un projet plus démocratique, plus solidaire et plus respectueux des identités culturelles et de l’universalité des droits de l’homme en Bretagne et en France comme en Europe.